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La Ford GT40 n’est pas née d’un dessin tombé du ciel ni d’un caprice de milliardaire vexé Ce n’est même pas le portrait tout craché des ‘’couilles ‘’de Carroll SHELBY, qui ne l’a pas vraiment enfantée.
Elle naquit d’une humiliation.
Lorsque Ferrari repoussa l’offre de rachat de Ford Motor Company, Henry Ford II voulut une réponse qui ne s’écrirait pas sur papier à lettres mais sur l’asphalte du Mans. Il fallait battre Ferrari chez elle, sur son terrain, à la loyale - ou presque.
Mais Ford n’avait alors ni expérience sérieuse de l’endurance européenne ni voiture adaptée.
Le raccourci prit un nom : Eric Broadley.
Car la GT40 trouve sa matrice technique dans la remarquable Lola Mk6 GT, conçue par Eric Broadley pour Lola Cars. Châssis monocoque, moteur central arrière, aérodynamique basse et intelligente : l’essentiel de la philosophie GT40 était déjà là avant même que Ford ne pose ses valises en Angleterre. Ford engagea Broadley, acheta les bases du projet et lança la future GT40 chez Ford Advanced Vehicles à Slough.
Il convient toutefois de corriger une confusion fréquente :
L’ancêtre direct de la GT40 est la Lola Mk6 GT, non la Lola T70.
La T70 viendra plus tard, en 1965, comme descendante technique de cette filiation avec Lola, inaugurée avec la Mk6.
Sous les carrosseries GT40 battirent essentiellement deux familles mécaniques Ford :
Au Mans, la masse demeurait un ennemi.
Contrairement aux pistes ovales américains où la vitesse stabilisée règne longtemps, la Sarthe impose accélérations, freinages et changements d’appui. Ford expérimenta alors des solutions d’allégement, notamment des culasses aluminium compétition sur certains FE 427 destinés aux programmes endurance, afin de limiter le poids sur le train avant et soulager la mécanique dans une course où chaque kilogramme finit par réclamer son tribut.
Audiard aurait sans doute résumé cela ainsi :
« Pour courir vingt-quatre heures, mon petit, faut pas seulement des chevaux ; faut éviter de trimballer l’écurie. »……Les culasses alu experimentales développée par FORD RACING pour les 24H du Mans, faisaient gagner sur la balance environ 35 Kg.
La GT40, comme toute grande automobile de compétition, ne se résume jamais à un nom unique.
Sous une silhouette voisine vivent plusieurs familles : course, route, small block, big block, Gulf, Shelby, Alan Mann, Holman & Moody.
L’amateur voit une GT40.
L’expert lit une généalogie qui n’est pas très épaisse en quantités produites, mais colossale en terme d’image de marque et de sport automobile.
La GT40 Mk I constitue l’expression originelle de la GT40 : châssis anglais, moteur small block Ford 289, équilibre relativement léger et silhouette devenue iconique. Produite à partir de 1964, elle demeure la matrice de presque toutes les GT40 qui suivront.
Version compétition pure, pensée pour l’endurance internationale, généralement motorisée par le Ford 289 V8, avec réglages course, allégements et carrosserie adaptée aux longues distances. La plus « authentiquement Le Mans » des GT40 originelles.
Très rare déclinaison routière destinée à satisfaire certaines exigences commerciales et d’homologation. Même ligne basse, mais davantage de concessions au confort et à l’usage civilisé - toute proportion gardée.
Développée avec l’équipe britannique d’Alan Mann Racing, cette variante allégée expérimente notamment des panneaux plus fins et un souci obsessionnel du poids. Au Mans, chaque kilogramme compte ; les freins n’oublient jamais ce qu’on leur impose.
Version alignée sous bannière Shelby lors de certaines campagnes américaines et internationales. Ici, l’esprit texan rencontre l’ingénierie anglaise : méthode britannique, mais pimentée de sauce TEX MEX.
Avec la Mk II, Ford cesse de discuter.
La guerre est ouverte comme jamais et les concurrents de Ford (Ferrari) vont prendre dans les dents le V8 de sept litres de la serie FE.
La GT40 Mk II reçoit le colossal Ford FE 427 side oiler, moteur big block conçu pour endurer les hautes contraintes de course. Plus lourde, plus violente, moins subtile, elle fut pensée pour écraser Ferrari au Mans. Ce qu’elle fit en 1966.
La vraie tueuse de Ferrari : big block FE, freins renforcés, refroidissement accru et aérodynamique adaptée aux longues lignes droites de la Sarthe. Une automobile moins élégante que déterminée.
Configuration associée à l’organisation de Shelby American lors du programme Le Mans 1966. Shelby apporte méthode, logistique et brutalité organisée à un projet devenu guerre industrielle.
Développée avec Holman & Moody, davantage tournée vers certaines évolutions américaines et réglages endurance spécifiques. Chez Ford, on multipliait les armes avant d’aller au duel.
La GT40 Mk V appartient déjà au monde des répliques patrimoniales sérieuses.
Produite à partir des années 1980 par Safir Engineering, elle fut légalement autorisée à utiliser le nom GT40 après rachat des droits. Important : ce sont des GT40 tardives, parfois anciennes, mais nullement des voitures des années 1960.
La forme la plus classique de la Mk V : fidèle, rigoureuse, souvent admirablement construite. Date réelle de fabrication déterminante pour toute lecture FFVE.
Interprétation plus musclée, inspirée des Mk II au FE big block. Beaucoup de caractère, davantage de poids et une philosophie plus américaine.
Version allégée ou spécifiée performance selon configuration, plus proche dans l’esprit des exigences endurance historiques. Toujours examiner le millésime réel avant toute qualification patrimoniale.
Certaines livrées cessent d’être une décoration.
Elles deviennent un drapeau.
Le bleu et orange Gulf Oil appartient à cette catégorie.
Audiard aurait peut-être dit :
« Quand une voiture met ce costume-là, elle entre déjà dans la pièce avec des applaudissements d’avance. »
Version devenue immortelle grâce aux victoires JW Automotive de 1968–1969, généralement motorisée par small block Ford 302/289 selon évolution. Une des silhouettes les plus iconiques du sport automobile.
Beaucoup plus rare dans l’imaginaire collectif, mêlant parfois esthétique Gulf et architecture big block inspirée des Mk II de guerre.
Pensez toujours à vérifier l’authenticité historique et la cohérence documentaire tellement les véritables GT40 originelles sont rares. La peinture GULF a été pastichée des 100 ènes de fois: La peinture Gulf ne fait pas le pedigrée …Un ornithorynque a bien un bec de canard et des pattes de canard …et pourtant c’est pas un canard, mais bel et bien mammifère qui pond des oeufs et allaite ses petits.
C’est pareille pour les GT40: c’est pas parce qu'une auto est peinte en Gulf, avec un V8 en position centrale, que c’est une des 105 GT40 originelles…A ce sujet; avoir une connaissance relative du prix des vraies choses peut être utile : Une vraie GT40 coûte de 5 à 20 millions, donc même à 500 000 Euros, une GT40 Gulf ne saurait être une originale.
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